La synagogue (2020)

Dans la continuité des recherches et opérations archéologiques portant sur le patrimoine juif de la ville de L’Isle-sur-la-Sorgue, un nouveau projet a été amorcé par la commune autour de l’emplacement de l’ancienne synagogue de la communauté l’isloise. Cet édifice, dont la plus ancienne attestation remonte au début du XVIe siècle, se positionnait dans la partie Sud-Ouest de la carrière. Abandonnée après la Révolution, menaçant de tomber en ruine au milieu du XIXe siècle, elle fut intégralement rasée en 1856. Plus aucun témoignage n’est actuellement visible de ce bâtiment communautaire emblématique. Les sources archivistiques en cours d’étude nous apprennent en revanche que le complexe synagogal était inséré dans un maillage urbain dense et complexe, tout à fait caractéristique des juiveries depuis leur création au Moyen Âge.

Modifiée, agrandie et restaurée à de multiples reprises au cours des XVIIe et XVIIIe s., la synagogue dans son dernier état se composait de deux salles de culte superposées (salle des femmes et salle des hommes), mais aussi de différents espaces annexes liés à l’activité de la communauté, dont un four pour la cuisson du pain azyme. On sait également que pour le XVIIIe s. au moins, plusieurs terrasses entouraient le complexe cultuel. Son architecture et ses décors devaient se rapprocher de ce que nous pouvons encore observer dans d’autres synagogues du Comtat, en particulier celle de Cavaillon dont on connait par ailleurs les liens étroits qui unissaient les deux communautés.

Un projet immobilier et une mise en valeur du site sont actuellement à l’étude en lieu et place d’une ancienne écurie (CP 1446) construite au XIXe s. en partie sur l’emplacement du complexe synagogal. Un diagnostic archéologique piloté par la Direction du Patrimoine de L’Isle a débuté en fin d’année 2020. Ce dernier se révèle prometteur avec la découverte de plusieurs structures maçonnées qui semblent se rapporter à l’édifice cultuel et ses annexes. Une seconde phase du diagnostic programmée dans le courant de l’année 2021 à l’extérieur de l’ancienne écurie permettra de compléter les données archéologiques et d’alimenter un projet de mise en valeur global de cet îlot urbain.